17 février 2010

Marvel Saga spécial "What If ?"

Cinq What If au menu du Marvel Saga #5, sorti hier en kiosque.

Pour les lecteurs qui ne connaîtraient pas encore le principe, un What If est une histoire hors continuité qui explore ce qui aurait pu se passer si l'on changeait un élément important de certains grands évènements passés. L'un des avantages est que les auteurs peuvent se "lâcher" plus que d'habitude, le principal inconvénient étant que la tension ou le côté dramatique sont amoindris puisqu'il s'agit de récits n'ayant pas de conséquences sur les personnages de l'univers classique.
Mais commençons tout de suite avec le premier épisode. Scénario de Brian Reed et Jim McCann, dessins de Paolo Pantalena. Les auteurs revisitent ici la saga House of M avec une variante de taille : au lieu de prononcer les mots "no more mutants", la Sorcière Rouge murmure "no more powers". Tous les surhumains, dont Spidey et les Vengeurs, sont donc touchés. Redevenus des citoyens ordinaires, ils doivent pourtant faire face à Crâne Rouge qui a pris le contrôle de l'Hydra, l'AIM et de la Main. Une petite réflexion sympathique sur les responsabilités sans pouvoirs. Je me demande si le final n'est pas une allusion à Araña...

On poursuit avec un épisode mettant en scène les nouveaux Fantastic Four. Au lieu du quatuor habituel, le casting est composé de Spider-Man, Hulk, Wolverine et Iron Man. L'équipe doit lutter contre un Thanos surpuissant qui s'amuse avec son Gant de l'Infini pour épater sa belle (la Mort). Scénario de Paul Tobin, dessins de Patrick Scherberger. Le résultat n'a rien d'exceptionnel, c'est même sans doute la partie la moins intéressante de la revue.

On continue avec cette fois un petit détour par Back in Black, la période du Tisseur pendant laquelle il était bien en colère parce que le Caïd avait fait buter sa chère tantine. Cette fois, c'est Mary Jane qui se fait descendre. Du coup il le prend mieux, il épouse sa tante et ils ont beaucoup d'enf... heu, non, attendez, en fait il n'est pas trop content et va se venger. Stark essaie de l'en empêcher, petite course poursuite, finalement Spidey liquide le Caïd (alors qu'il menaçait de buter May Parker) et là, je vous le donne en mille, la vioque engueule son neveu parce qu'il "a pas été élevé comme ça et que ça se fait pas de tuer les gens !"
Dessins de Gus Vasquez, scénario de Steven Grant qui nous apprend qu'à l'article de la mort ou bien vivante, la tantine est toujours aussi emmerdante.

On arrive ensuite au What If Secret Wars dans lequel Fatalis conserve les pouvoirs quasi infinis du Beyonder à l'issue des Guerres Secrètes. Scénario de Karl Bollers, dessins de Jorge Molina. Très certainement l'épisode le plus beau graphiquement. Fatalis se tape un trip mégalomaniaque et va jusqu'à affronter les races extraterrestres connues ou même les plus puissantes entités cosmiques. Je ne sais pas si c'est volontaire, mais une scène fait un peu penser au Dr Manhattan de Watchmen, à la différence que la photo qu'il regarde sur Mars, tout en expliquant son étrange perception instantanée du temps, est remplacée par le masque de Fatalis sur la Lune. Le même procédé narratif est employé, avec cette manière bien particulière de décrire les évènements à venir (la photo et le masque sont déjà au sol alors que le narrateur parle de leur futur chute).
Un peu dommage que cette thématique (solitude et détachement généré par un pouvoir divin) ne soit pas plus poussée ici. Cela reste tout de même intéressant.

Et enfin on termine par une variation sur Fallen Son. Cette fois, au lieu que Captain America soit abattu après sa reddition à la fin de Civil War, c'est Tony Stark qui est exécuté par le neveu de Bill Foster. Scénario de Marc Sumerak, dessins de Trevor Goring. Les auteurs reprennent les différents sentiments suscités chez les héros par la disparition d'un de leur camarade (déni, colère, acceptation, etc.) et terminent par une longue lettre post mortem de Stark et les prémices de Secret Invasion.
Plutôt sympathique même si la charge émotionnelle aurait pu être plus importante.
Il faut signaler qu'un autre What If, mettant en scène les Runaways devenant les Young Avengers, avait été découpé en cinq parties et publié en VO dans ces épisodes. Panini n'a pas jugé bon de nous en faire profiter.

Des histoires à la qualité variable et à l'intérêt anecdotique.
Dispensable.