25 février 2010

Powers : Scandale chez les Encapés

La suite de l'excellente série Powers contient ce mois l'un des arcs les plus réputés de la série. Et on commence tout de suite par une scène choc !

Les télévisions ne se lassent pas de diffuser la scène en boucle ; une vidéo de Red Hawk, super-héros reconnu et adulé, a été rendue public et montre le brave homme en pleine séance d'ondinisme avec une mineure. Niveau image, on a déjà fait mieux. Pourtant, le héros - qui n'est autre dans le civil que le sénateur Broderick - n'a guère le temps de s'inquiéter de sa popularité puisqu'il est retrouvé mort peu après.
Christian Walker et Deena Pilgrim, de la Criminelle, vont devoir enquêter sur le passé du sénateur masqué et sur les relations conflictuelles qu'il entretenait avec les anciens membres de Unity, une équipe divisée aujourd'hui par la rancune, l'amertume et les copyrights.
Après une explosion nucléaire sur le sol américain et l'assassinat du Pape, l'affaire paraît pourtant reléguée au second plan. A moins que tout soit lié et que les deux enquêteurs soient devant le cas le plus grave de leur carrière...

Déjà le tome #6 en VF avec ce volume intitulé Les Traîtres. L'on retrouve aux commandes le même duo créatif, à savoir Brian Michael Bendis (New Avengers, Torso, Goldfish, Daredevil, Total Sell Out...) au scénario et Michael Avon Oeming au dessin. Pour ceux qui ne connaîtraient pas la série, vous pouvez vous reporter à cet article. Pour les autres, pas de surprise puisqu'on reste dans un univers super-héroïque réaliste où les encapés ont des défauts, des besoins - parfois inavouables - à assouvir et, pour certains, un fort penchant pour la célébrité et l'argent.
Bendis commence ce récit de manière très brutale, décochant au passage aux media une sévère critique du traitement voyeuriste qu'ils appliquent bien souvent à l'information. Autre grand moment ; un vrai-faux épisode de Unity, façon old school pour les graphismes, mais avec des dialogues très... épicés. Les auteurs vont même jusqu'à se moquer gentiment des conventions ou du merchandising généré par les séries à succès. Savoureux. ;o)

N'allez pas croire pour autant qu'il ne s'agit que d'un prétexte pour balancer du vitriol et des sentences acides sur les planches. L'histoire prend, après quelques épisodes, une ampleur inattendue et se permet même de virer tout doucement au drame, d'autant que le "méchant" de l'histoire est loin d'être un salaud monolithique et que les héros ne sont pas vraiment des saints.
Au final, l'on retrouve ici tout ce qui fait la force de Powers : humour, relations entre protagonistes finement ciselées et une intrigue loin d'être aussi basique et provocante qu'on aurait pu le croire. Ajoutons que le sixième et dernier épisode de cette saga (le trentième de l'on-going) est plus long que d'habitude. Enfin, la traduction est tout à fait honnête.

Un exemple de réussite pour cette série décalée qui malmène les mythes super-héroïques avec intelligence.

ps : la suite de The Boys sort également ce mois (décidemment, février s'avère ruineux). J'ai déjà évoqué longuement la série ici (cf cette chronique) donc je ne parlerai pas de ce tome #5 en détail, sachez simplement qu'il est un peu court, très bon, et qu'il dévoile des infos importantes sur les Sept, Vought-American et leur implication dans certains évènements historiques réels. A conseiller également donc, mais avec Ennis, est-ce vraiment une surprise ?